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Être élève en temps de COVID (1)




Ils ont entre quinze et dix-huit ans, ils vont à l’école un jour sur deux, deux jours par semaine, ou une semaine sur deux, selon leur école. Ils ont cours à distance ou du travail à faire en autonomie, selon les jours, selon les enseignants. Ils ont entre quinze et dix-huit ans et ils gèrent quotidiennement une boîte mail, un journal de classe, les devoirs et les leçons. Ils ont la charge mentale d'un jeune adulte, les apprentissages en plus. La solitude qui, en temps normal; pourrait être considérée comme un symptôme à part entière, à cet âge-là, est devenu le fardeau de tous.Ils n’ont comme seul contact avec l’extérieur que leurs écrans, comme seule certitude pour "demain" que le fait que leurs amis seront connectés toute la journée.


J’invite les parents à relativiser sur les écrans. Ce n’est pas le moment, on y reviendra plus tard.


A l’âge où ils devraient se frotter au monde, goûter à la liberté nouvelle, voir leurs amis, s’inventer un avenir et découvrir de nouveaux horizons, ils ne peuvent pas. Ils sont projetés dans une vie de contraintes, de restrictions, de distanciation et ... d’apprentissages. Alors non, nos jeunes ne vont pas bien. Oui, ils décrochent pour la plupart, ils sont démotivés. Et, ce n'est que normal, la perte de sens et de perspectives peut être très difficile à gérer à cet âge-là.


En leur offrant un espace de paroles, en développant des méthodes de travail efficaces et sur-mesure et en les accompagnant dans la création de routines remplies de moments de détente et de plaisir, en plus des contraintes qui s’amoncèlent, on peut leur redonner l’espoir que cet âge exige. Et pour ceux qui ne parviennent plus à déconnecter, on peut leur autoriser à souffler un peu.


Dans ma consultation, je reçois des jeunes pour qui, finalement, la pression familiale s’ajoute aux exigences scolaires, chez qui l’omniprésence parentale (due au télétravail) a précipité des conflits quotidiens (et parfois violents) et dont les parents souhaitent passer le relai pour le domaine scolaire afin de réduire la tension qui règne à la maison.


Si vous êtes en difficulté, n’hésitez pas à demander de l’aide. Le caractère inédit de la situation le justifie.






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